Einer aus Albi

 Und dann fuhr ich nach Toulouse zurück. Da wohnte noch jemand, den ich zu besuchen hatte.

Eine alte Dame empfing mich in ihrer Wohnung, die in einer stillen Strasse liegt. Die Comtesse de Toulouse-Lautrec ist heute vierundachtzig Jahre alt. Sie geht langsam, sie ist frisch, freundlich, gut. Da kam sie auf mich zu, sah mich durch ihre Stahlbrille an…und dann begann sie von ihrem Sohn zu sprechen.

Sie spricht von seiner Jugendzeit, als er so fleißig in Paris gelernt hat; von seinem festen Willen, und - :“Er war ein so guter Schwimmer, wissen Sie!“ sagt sie. Nur eine Mutter kann das sagen. Und nun wird sie lebhafter und macht mich auf die Kohlezeichnungen aufmerksam, die da hängen: die Köpfe zweier alter Damen, es sind die Großmütter Lautrecs. Wieder sehe ich:

In der Kunst gibt es kein Mogeln. Der Mann war in seiner Ausbildung ein Handwerker, ein Akademiezeichner wie Anton von Werner, und auf diesem Grunde hat er gebaut. Wissen die Leute, dass George Grosz zeichnen kann wie ein Fotograf? Man kann nur weglassen, wenn man etwas wegzulassen hat. Mogeln gilt nicht.

                                                              Kurt Tucholsky, Ein Pyrenäenbuch, 1927

 

Un Albigeois

Et je repartis à Toulouse. C’est là qu’habitait encore une personne qu’il me fallait rencontrer.

Une vieille dame m’accueillit dans son appartement situé dans une rue calme. La Comtesse de Toulouse Lautrec a aujourd’hui quatre-vingt quatre ans. Elle marche à petits pas, elle rayonne de fraîcheur, de gentillesse et de bonté. Elle s’approcha de moi, me dévisageant à travers ses lorgnons cerclés de fer…et elle commença à raconter son fils.

Elle parle de ses jeunes années, quand il étudiait avec tant d’ardeur à Paris ; de son indestructible volonté, puis : « C’était un excellent nageur, le saviez-vous ? » Seule une mère peut dire de telles choses… Et elle s’anime, me désigne les croquis au fusain accrochés au mur : les portraits de deux vieilles dames, ce sont les grands-mères de Lautrec. Et là, à nouveau, l’évidence m’apparaît :

En matière d’art, on ne peut pas tricher. Tant qu’il était en apprentissage, l’homme était un artisan, un dessinateur académique comme Anton von Werner, et c’est sur ces fondations-là qu’il s’est construit. Les gens se rendent-ils compte que George Grosz dessine à la manière d’un photographe ?  On ne peut laisser de côté que ce qu’on a de superflu. Impossible de tricher.

                                                          Kurt Tucholsky, Le livre des Pyrénées, 1927

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